Facturation électronique en Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Guyane : qui doit faire quoi et quand. Les réponses claires, territoire par territoire.
L'essentiel en 30 secondes
- Guadeloupe et Martinique : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques, via une plateforme agréée.
- TPE, PME et micro-entreprises : elles devront aussi les émettre au plus tard le 1er septembre 2027. Un simple PDF envoyé par mail ne compte pas.
- Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guyane : les entreprises qui y sont établies ne sont pas concernées par la facture électronique, car la TVA ne s'y applique pas.
- Vous vendez depuis la Guadeloupe à un client de Saint-Martin ou de Guyane ? Pas de facture électronique pour cette vente, mais ses données doivent être transmises au fisc (e-reporting).
- Au 1er septembre 2026, 4,1 millions d'entreprises avaient choisi leur plateforme de réception, pour près de 10 millions d'acteurs concernés.
| Votre entreprise est établie… | Facture électronique | Transmission des données (e-reporting) |
|---|---|---|
| En Guadeloupe ou en Martinique | Oui. Recevoir : depuis le 01/09/2026. Émettre : au 01/09/2027 pour les TPE et PME | Oui, pour les ventes aux particuliers et hors du champ de la facture électronique |
| À Saint-Martin ou à Saint-Barthélemy | Non | Seulement pour certaines opérations soumises à la TVA française |
| En Guyane (ou à Mayotte) | Non | Seulement pour certaines opérations soumises à la TVA française |
E-facturation, e-reporting : de quoi parle-t-on ?
La réforme repose sur deux obligations, qui passent toutes les deux par une plateforme agréée. Tout dépend de qui est votre client.
- La facturation électronique (e-invoicing) concerne les factures entre entreprises assujetties à la TVA et établies en France. La facture n'est plus un PDF ou un papier : c'est un fichier structuré, lisible par un logiciel, qui part de votre plateforme vers celle de votre client. L'administration reçoit au passage les données de la facture.
- Le e-reporting (transmission des données) concerne les ventes qui ne donnent pas lieu à une facture électronique : ventes aux particuliers, ventes à des entreprises étrangères ou hors du champ de la réforme. Vous ne changez rien pour votre client, mais vous transmettez à l'administration les données de ces ventes. Pour les prestations de services, les données de paiement (date et montant encaissé) sont aussi transmises.
Exemple concret : un artisan de Guadeloupe qui facture un hôtel de Martinique envoie une facture électronique. Le même artisan qui travaille chez un particulier ne fait pas de facture électronique, mais les données de la vente remontent au fisc par le e-reporting.
Une plateforme agréée, c'est quoi ?
C'est un opérateur « immatriculé par l'État », selon la définition d'impots.gouv.fr. Il se charge d'émettre, de transmettre et de recevoir vos factures électroniques, et de transmettre à l'administration les données de facturation, de transaction et de paiement. Si vous utilisez déjà un logiciel de facturation, il doit être connecté à une plateforme agréée.
La liste officielle compte plus d'une centaine d'opérateurs. On y trouve des noms que beaucoup de gérants connaissent déjà :
- des banques en ligne pour les pros : Qonto, Shine ;
- des logiciels de comptabilité et de facturation : Pennylane, Tiime, Indy, Dougs, ABBY ;
- des logiciels de gestion d'entreprise : Sage, Cegid, Axonaut, Sellsy.
Bon réflexe : regardez d'abord si votre banque, votre logiciel de facturation ou votre expert-comptable est déjà dans la liste. C'est souvent la solution la plus simple. Ces noms sont donnés à titre d'exemple, pas comme une recommandation : la liste évolue, vérifiez-la sur impots.gouv.fr.
Prix, offres gratuites, coût caché de la ressaisie : tout est détaillé dans notre article combien coûte la facturation électronique en Guadeloupe.
Facturation électronique en Guadeloupe et en Martinique : ce qui s'applique
En Guadeloupe et en Martinique, la réforme s'applique comme en métropole. La TVA y est applicable, les entreprises y sont donc assujetties et concernées par les deux volets : la facture électronique et la transmission des données.
Le calendrier tient en deux dates, confirmées par la FAQ officielle des impôts :
- 1er septembre 2026 : toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent déjà les émettre.
- 1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent à leur tour émettre leurs factures au format électronique et transmettre leurs données de transaction.
Concrètement, une facture électronique passe par une plateforme agréée par l'administration. Votre plateforme l'envoie à celle de votre client. La FAQ des impôts le rappelle : « un PDF simple envoyé par voie électronique n'est pas une facture électronique ».
Les ventes entre entreprises de Guadeloupe, de Martinique, de La Réunion et de métropole entrent toutes dans le champ de la facture électronique.
Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guyane : hors de la facture électronique
Les entreprises établies à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, en Guyane ou à Mayotte n'entrent pas dans le champ de la facture électronique. La raison est simple : la TVA n'y est pas applicable, et ces entreprises n'ont donc pas la qualité d'assujetti.
Une nuance compte. Si une de ces entreprises réalise des opérations considérées comme situées en France et soumises à la TVA, elle peut devoir transmettre ses données (e-reporting). Dans ce cas, elle doit aussi choisir une plateforme agréée. C'est rare pour une petite entreprise locale, mais à vérifier avec votre expert-comptable.
Les cas croisés entre territoires
C'est là que la plupart des entreprises se trompent : la règle dépend du lieu où est établi votre client, pas seulement du vôtre.
| Vous êtes en Guadeloupe ou en Martinique et votre client pro est… | Ce qui s'applique |
|---|---|
| En Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion ou en métropole | Facture électronique |
| À Saint-Martin ou à Saint-Barthélemy | Pas de facture électronique, mais e-reporting |
| En Guyane ou à Mayotte | Pas de facture électronique, mais e-reporting |
Exemple : une entreprise de Baie-Mahault qui facture un hôtel de Saint-Martin n'envoie pas de facture électronique pour cette vente. Elle transmet en revanche les données de l'opération à l'administration, via sa plateforme.
Plateforme agréée : ce qu'il faut faire maintenant
Si vous êtes en Guadeloupe ou en Martinique et que vous n'avez pas encore choisi de plateforme de réception, c'est la priorité. L'obligation court depuis le 1er septembre 2026.
Côté sanctions, le Gouvernement a annoncé « aucune sanction pour aucune entreprise en 2026 », avec une approche « pédagogique et proportionnée ». Les montants prévus restent à connaître :
- 500 € si vous n'avez pas choisi de plateforme de réception, trois mois après une mise en demeure, puis 1 000 € par période de trois mois tant que rien ne change ;
- 50 € par facture qui aurait dû être électronique, dans la limite de 15 000 € par an (la première infraction n'est pas sanctionnée).
À partir de 2027, vos factures porteront aussi de nouvelles mentions, comme le numéro SIREN du client. Le site Entreprendre.service-public.gouv.fr les détaille.
Par où commencer ?
- Vérifiez où sont établis vos clients professionnels : c'est ce qui décide entre facture électronique et e-reporting.
- Choisissez une plateforme de réception dans la liste officielle des plateformes agréées, si ce n'est pas fait.
- Faites le point avec votre expert-comptable sur vos cas particuliers.
- Préparez l'émission avant l'été 2027, sans attendre la dernière ligne droite.
- Profitez-en pour revoir toute la chaîne : devis, factures, relances, suivi des paiements.
Facturation électronique : une contrainte qui fait gagner du temps
La facture électronique oblige à s'adapter. S'adapter, c'est l'occasion de moderniser sa gestion. Le Gouvernement le dit lui-même dans sa réponse à l'Assemblée nationale : pour les entreprises au papier ou au PDF, la standardisation « permet d'automatiser des tâches auparavant manuelles ».
Une fois vos factures en données propres, beaucoup de choses peuvent se faire seules :
- le devis accepté devient une facture sans ressaisie ;
- les relances partent toutes seules à l'échéance ;
- les paiements reçus sont rapprochés des factures ;
- un assistant IA prépare les devis, répond aux questions de l'équipe ou repère les impayés.
C'est le métier d'E.T. Connect. Nous créons des outils de gestion sur mesure, reliés à votre plateforme agréée, et des assistants IA qui travaillent avec vos données. L'objectif : réduire vos coûts, gagner du temps et garder la main sur vos process. Nous accompagnons les entreprises de Guadeloupe, de Martinique et de Saint-Martin. Pour aller plus loin sur les premiers outils, lisez aussi notre article sur les outils de gestion aux Antilles.
Vous voulez savoir ce que la facturation électronique peut automatiser chez vous ? Faites le test « Trouver ma solution en 1 minute » sur notre page d'accueil, ou écrivez-nous directement. On vous répond avec des pistes concrètes, adaptées à votre activité.
Questions fréquentes
Non, pas comme facture électronique. La FAQ des impôts précise qu'un simple PDF envoyé par voie électronique n'est pas une facture électronique au sens de la réforme. Entre entreprises concernées, la facture doit passer par une plateforme agréée, qui la transmet à la plateforme du client. Pour les TPE et PME, l'obligation d'émettre s'applique au plus tard le 1er septembre 2027.
Oui, pour la réception. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille. Une micro-entreprise en franchise reste assujettie, même si elle ne facture pas la TVA. Elle devra émettre ses factures électroniques à partir du 1er septembre 2027.
Oui. Les TPE et PME peuvent anticiper l'échéance du 1er septembre 2027 et émettre dès maintenant leurs factures par une plateforme agréée. C'est souvent le meilleur moment pour le faire : moins de pression, et le temps de régler l'outil sur vos habitudes avant que tout le monde s'y mette en même temps.
Les prix sont libres. L'administration ne les encadre pas, car ils relèvent de la concurrence. Selon la réponse du Gouvernement à l'Assemblée nationale, il existe des offres très simples, parfois gratuites ou à faible coût, et des outils plus complets avec automatisation et pilotage. Le bon choix dépend de votre volume de factures.
Le Gouvernement a annoncé qu'aucune entreprise ne serait sanctionnée en 2026 et que les entreprises en difficulté seraient accompagnées. Les sanctions existent pourtant dans la loi : 500 € puis 1 000 € sans plateforme de réception après mise en demeure, et 50 € par facture non électronique. Mieux vaut s'équiper maintenant.
Sources
- impots.gouv.fr, FAQ « J'approfondis la facturation électronique », version du 01/09/2026
- impots.gouv.fr, FAQ « Je découvre la facturation électronique », version du 01/09/2026
- Assemblée nationale, question écrite n° 17870 et réponse du Gouvernement, 2026
- impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées, 2026
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, mentions obligatoires d'une facture, 2026
Informations vérifiées le 11 octobre 2026. Chaque situation est particulière : faites le point avec votre expert-comptable.
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